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17 sep. 2016 - Dossiers dans actions-indices

Gros plan sur Orange

Anne d'Anselme

En bourse, l’action Orange a été boudée par la communauté financière. Est-ce justifié ? Entretien avec Anne d’Anselme, gérante chez COGEFI Gestion.

 

Anne d’Anselme, depuis quelques mois, le titre n’a pas connu un parcours très florissant. Comment expliquez-vous cette contre-performance ?

Depuis début avril, date à laquelle on a constaté l’échec des discussions d’un rapprochement entre Bouygues et Iliad (maison-mère de Free), le titre Orange a perdu environ 15 %. Résultat, il présente dorénavant une décote de l’ordre de 15 % par rapport à ses pairs, ce qui nous semble totalement injustifié.

Mais dans cet environnement très concurrentiel de la téléphonie, le groupe peut-il encore afficher de la croissance ?

Oui, l’opérateur historique français a retrouvé une dynamique de croissance de ses résultats : on attend 4 % de progression des bénéfices par an au cours des trois prochains exercices, ce qui est tout à fait honorable.

Quels sont ses atouts en France ?

En France, Orange va bénéficier au cours des prochains exercices de son positionnement de leader dans la fibre et la 4G. Et la différence avec ses pairs va encore s’accentuer dans le futur en raison de sa capacité à investir dans des proportions supérieures à celle de ses concurrents dans ces deux domaines clés.

Mais n’y a-t-il pas de guerre des prix ?

Si on regarde l’activité mobile, certes la guerre des prix continue dans les offres d’entrée de gamme, en revanche, les prix se maintiennent dans les offres à plus forte valeur ajoutée, avec plus de datas. Or, justement, la demande s’oriente vers plus de datas. Par conséquent, en moyenne, l’ARPU (le chiffre d’affaires moyen par abonné) se maintient.

Comment expliquez-vous, alors, les résultats mitigés publiés au deuxième trimestre sur ce segment ?

L’érosion des résultats du mobile constatée au deuxième trimestre s’explique plus par la baisse des revenus liés au contrat d’itinérance avec Free, qui était largement attendue, que par une détérioration nette de l’ARPU. D’ailleurs, si l’on regarde les résultats de Bouygues, on peut faire le même constat d’une stabilisation de l’ARPU, ce qui est un très bon signal.

Et dans le fixe ?

Orange est leader avec une part de marché de 40 %, qui devrait continuer à croître. En effet, son offre sur la fibre (FTTH) est très attractive et attire de plus en plus d’abonnés. Aujourd’hui, le groupe compte 1,18 million de clients haut débit contre 720 000 un an auparavant. Avec une telle progression, le succès commercial est évident.

Mais Orange n’est pas présent qu’en France. Qu’en est-il de l’Espagne où il est très implanté ?

En Espagne, Orange est reparti dans une forte dynamique de croissance en 2016, et plus importante qu’initialement attendue. Au deuxième trimestre, les résultats ont progressé de plus de 6 % contre un recul de 2,3 % en 2015. Le succès commercial a été au rendez-vous dans le mobile avec une hausse des volumes et de l’ARPU.

Donc vous êtes positive sur le titre ?

Oui, d’autant que le groupe bénéficie de l’environnement de taux bas : un atout dans un secteur avec de forts besoins capitalistiques.

 


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